Mireille Nzoubou

Mireille Nzoubou
Styliste-Modéliste


Profil Coutumier

Malgré plusieurs années passées en Europe, Nzoubou-Mpiga Mireille reste une fille de la grande forêt équatoriale comme elle aime à le dire. Elle est originaire du profond sud-est du Gabon, de Franceville, dans le Haut-Ogooué, province aux forêts exubérantes gorgées d’eau, avec ses savanes, ses grands canyons, ses plateaux Batékés, ses chutes et autres sites sauvages.

La province du Haut-Ogooué est en passe de devenir le creuset des arts au Gabon. Bon nombre de grands artistes du pays sont originaires de cette région. La richesse culturelle des nombreuses ethnies et groupes qui y cohabitent dans le haut-Ogooué est admirée bien au- delà des frontières du pays. C’est la province ou les Arts textiles sont le plus développés, notamment avec le tissage du raphia.

Mireille évoque volontiers ses origines en étalant fièrement le brassage ethnique dont elle est issue et qui se reflète dans ses créations. Son grand père paternel, Onzimba, était d’ethnie bangwoué du clan sa’bè’bè, et sa grand-mère Okumba, d’ethnie bayumbu et ndassa, apparentée aux mungomos. Son grand-père maternel, lui, était d’ethnie obamba et sa grand-mère, d’ethnie bangwoué et bakanigui. Pour elle, chaque individu est la somme culturelle et spirituelle de ses ascendants. Le métissage ethnique dont elle est issue est le constitutif majeur de sa personnalité.


Des bangwoués (Société de type patriarcale) Mireille a hérité de l’impétuosité, du dynamisme, de la fierté et surtout de la personnalité légendaire des femmes. Chez les bangwoués, les traditions et les coutumes perdurent. Conscients de la richesse de leur patrimoine culturel matériel et immatériel, les bangwoués cultivent la discrétion. On les surnomme hommes de l’ombre ou force tranquille. Ils cheminent vers leur but comme un poisson dans l’eau, sans bruit. Les bangwoués sont de fidèles amis et alliés, mais de redoutables ennemis.

Mireille est d’une lignée de Chefs : son père Nzoubou David qui est parti (décédé – Oyini : celui qui est partit en obamba ou Okui : le défunt) à 34 ans a 14 enfants et était déjà Colonel et 1er capitaine de la première équipe de Basket Ball masculine du Gabon. Il était fils de chef. En effet, Ozimba était un grand chef, Okumba tout en étant femme de chef, était aussi fille de chef, nièce de chef. Le grand oncle de Mireille est l’actuel chef du village et chef de canton (Canton Djoumou) La sérénité et la paix que cultive Mireille vient des bayumbus et des bakaniguis...

Les bayumbus sont pacifistes et solidaires. Ils sont capables d’observer quelque chose ou quelqu’un pendant longtemps. Les bakaniguis sont le peuple de la paix, du silence. Comme les bangwoués même si leur bouche est fermée, leurs yeux parlent, crient, maudissent et bénissent. Mireille a hérité des obambas qui vivent dans une société de type matriarcale, la douceur, le sens de l’organisation et de la méthode.

Son parcours et son histoire sont le reflet de l’histoire de son nom de famille ou premier nom. NZOUBOU signifie hippopotame (symbole de force) en bangwoué (On le prononce Ndjubu). Comme tous les deuxièmes jumeaux dans la tradition du Haut-Ogooué, Mireille a été aussi nommée Mpiga. C’est ce second nom qui est attaché à la circonstance de sa naissance. Comme tous les jumeaux, elle connait les rites gémellaires et a appris à vivre comme une jumelle. Mpiga dans le couple de jumeaux représente la foudre, tandis que Mvou le premier jumeau représente le tonnerre qui gronde. Dans la tradition du Haut-Ogoué, l’imposition du nom confère la personnalité et fait participer l’individu à l’essence de son clan. Mireille Nzoubou-Mpiga guide ceux qui s’intéressent au raphia dans l’essence même de cette fibre…

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